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MAI  
2017  
N°93  

Finances & Pédagogie est engagée depuis 60 ans pour amener chacun à mieux maîtriser l’argent. En plus d’un demi-siècle, la relation à l’argent des Français s’est modifiée en profondeur. Les modes de vie ont évolué. Les outils du quotidien, notamment ceux qui permettent de payer ou de suivre ses comptes, se sont largement perfectionnés. À l’évidence, les besoins de la société française en termes de formation à l’argent restent immenses et les enjeux liés à notre mission d’éducation financière perdurent : sécuriser, épargner, anticiper, consommer…
Notre association a eu l’objectif constant de s’adapter et d’innover pour répondre aux nouvelles attentes, pour toucher davantage ses publics, pour être plus efficace en termes de diffusion et d’appropriation des connaissances. Des méthodes d’apprentissage émergent, favorisées par l’utilisation des outils numériques. Le sens de la pédagogie et de l’approche participative, qui font la force de nos formations, s’en trouvent renforcés.
En cette date symbolique, nous sommes donc résolument tournés vers l’avenir pour proposer à nos partenaires et aux stagiaires de l’association l’intervention la plus adaptée à leurs besoins et un accompagnement de qualité. Nous restons durablement engagés.

Et si on parlait d’argent ?

Comment parler d’argent et comment apprendre à en parler de manière à favoriser le bien-être financier et à éviter les comportements à risque ? Depuis 60 ans, Finances & Pédagogie sensibilise tout type de publics aux questions d’argent. Ses actions d’éducation financière s’adressent notamment aux relais sociaux, acteurs clés de la diffusion de l’information budgétaire et bancaire.

Image A la une
Dès lors que les relais comprennent le fonctionnement bancaire, ils s’emparent des outils et les appliquent.

Les préjugés culturels envers l’argent sont tenaces et la banque souvent diabolisée. Pourtant l’argent reste au cœur des préoccupations quotidiennes de la population et au centre de l’accompagnement dont bénéficient les personnes en situation de fragilité. Comment se fait-il alors que le fonctionnement bancaire et les mécanismes financiers ne soient pas plus ou mieux connus ?

La banque, méconnue

Les conseillers de Finances & Pédagogie sont nombreux à noter « la difficulté des usagers, mais aussi des bénévoles ou des professionnels à faire le lien entre les incidents bancaires et les difficultés financières », et à en établir les responsabilités. Les travailleurs sociaux sont trop souvent démunis : faute de bien connaître les procédures bancaires et les dispositifs mobilisables, ils ne savent quelles solutions apporter aux bénéficiaires. « Mais dès qu'ils saisissent comment agir en toute légalité et sans confrontation avec la banque, ils s’emparent de ces outils et les appliquent », se réjouit une conseillère de F&P.

Agir avec, pas contre

C’est sans doute une évolution notable du travail social ces dernières années. Plusieurs conseillers pensent que des dispositifs tels que l’offre d’accompagnement de la clientèle en situation de fragilité financière (OCF), le microcrédit social ou les Points conseil budget (PCB), mais aussi les formations de F&P permettent ce changement de mentalité. Ils « contribuent à l’idée que, finalement, les objectifs de la banque envers les clients fragiles ne sont pas si éloignés de leurs propres objectifs en matière d’accompagnement : responsabilisation, outils adaptés avec des règles d’encadrement clairement définies pour permettre le redressement de leur situation financière… et éviter le contentieux ».

Vertu pédagogique

Une éducation budgétaire et financière de qualité a cette vertu : instaurer une relation plus apaisée entre relais et banques, voire un partenariat. C’est bien l’objectif de Finances & Pédagogie depuis 60 ans. Les relais constituent un levier de démultiplication énorme des actions de l’association. Le travail de partenariat entre les différents acteurs est donc indispensable.

En Languedoc-Roussillon, une rencontre organisée entre travailleurs sociaux et la responsable du service contentieux de la Caisse d’Epargne a ouvert un dialogue constructif. Témoignages.

Véronique Verdier, Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon : « Cette rencontre a permis que chacun comprenne les contraintes de l’autre et voir les points de convergence. II ne faut pas craindre de se rapprocher du banquier ; il y a peut-être une solution pour peu qu’on ait pris la peine de discuter. »

Stéphanie Barrau, CESF au CCAS d’Agde : « Avec leur formation initiale, les CESF et les éducateurs spécialisés n’ont pas tous les outils. Nous avons tout intérêt à passer un partenariat gagnant-gagnant avec les banques : nous pourrions échanger notre expertise en accompagnement social contre l’expertise financière de la banque. »

Former des relais, faire circuler l’information

Au début de l’année 2017, Vincent Bénard, conseiller F&P Ile-de-France, intervenait auprès de la communauté ismaélienne pour former certains de ses membres à la gestion du budget et aux relations bancaires, avec pour objectif, qu’à leur tour, ils forment d’autres membres. Effet démultiplicateur garanti.

Rendre service

La communauté ismaélienne établie en France compte environ 5 000 membres, dont une majorité d’origine indienne, en provenance de Madagascar. La communauté est très structurée autour de pôles en charge des divers aspects de la vie de ses membres. Ainsi, un Economic Planning Board (EPB) a-t-il été mis en place pour leur venir en aide ; un de ses objectifs consiste à lutter contre la pauvreté. Pour ne stigmatiser personne, il a été décidé de former les relais sociaux plutôt que d’intervenir directement auprès des familles. Un plan d’action a donc été imaginé avec Vincent Bénard à destination de ces relais sociaux bénévoles dans le cadre du sewa (littéralement « rendre service »).

Démultiplication

Car l’idée est la suivante : former le plus de relais possible pour que de nombreux membres de la communauté soient en capacité d’apporter, à leur tour, une information claire et juste sur la gestion du budget, en s’appuyant sur les outils développés par F&P. Vincent Bénard a donc animé trois ateliers, suppléé par un des membres de l’Economic Planning Board, Samir Sadroudine, lors de la dernière séance. Les membres ainsi formés ont ensuite pris le relais pour essaimer l’information aux quatre coins de France. « L’objectif de démultiplication est clairement atteint, souligne Shahine Ismail de l’Economic Planning Board. 10 personnes ont été formées par F&P, mais 100 autres, dont des relais sociaux, ont aujourd’hui reçu cette formation ». Samir Sadroudine a même mis au point un quiz pour vérifier que les informations dispensées étaient bien assimilées et les outils de F&P ont été adaptés, voire simplifiés, pour mieux coller aux besoins des relais sociaux et faciliter le suivi des familles.

Pour Samir Sadroudine, « F&P a apporté un modèle qui allie les côtés pratique et théorique, et qui privilégie les échanges. Or, faire participer l’auditoire est le meilleur moyen de faire passer l’information. C’est un principe que nous appliquons aujourd’hui. »

Le mot du conseiller : Vincent Bénard, F&P Ile-de-France

À quoi attribuez-vous les excellents résultats de cette formation de relais ?

À une manière de réfléchir autrement : la communauté accompagne ses membres globalement, de A à Z, de la santé à la situation financière, de manière très organisée ; tout le monde prend sa part dans l’accompagnement. Leur credo : rétablir l’équilibre en donnant une chance à chacun ; c’est la mission de ceux qui ont réussi. Or ces relais avaient du mal à communiquer, ne sachant pas comment parler d’argent à des gens qui en ont peu. Je les ai d’abord amenés sur le terrain des relations bancaires, avant d’aborder le budget.

L’objectif de cette formation est-il pleinement rempli ?

L’objectif de transfert de compétences, y compris d’un point de vue pédagogique, est vraiment réalisé puisque la communauté est maintenant en autonomie sur plusieurs régions. En très peu de temps, les participants se sont approprié et la forme et le fond, avec une envie forte de transmettre et une vraie réflexion sur l’utilisation des outils.

Apprendre la Bourse : les lauréats 2016 récompensés

Le 22 mars 2017, au Digital Center du groupe BPCE, les prix de l’édition 2016 du programme européen Apprendre la Bourse ont été remis aux champions étudiants : L’Esta 90 de Belfort, l’IUP de Nancy, le lycée André-Malraux de Montataire, l’IUP de Caen, le lycée Ambroise-Brugière de Clermont-Ferrand et l’ICS Bégué de Paris. Des remises de prix régionales ont également eu lieu de février à avril.

Ce programme pédagogique européen permet à des jeunes de se familiariser avec le fonctionnement des marchés financiers et les mécanismes de l’économie en général. En France, il est développé par Finances & Pédagogie, depuis les années 2000. En 2016, ce sont près de 2 000 jeunes qui y ont participé, dans 7 régions. En Europe, le programme touche chaque année plus de 150 000 jeunes.

Actualité 1

UDHAJ : sensibilisation des jeunes travailleurs en Normandie

Valérie Mesnage, conseillère F&P Normandie, est intervenue dans le foyer de jeunes travailleurs d’Avranches, dans le cadre d’une opération pilotée par l’Union départementale des foyers de jeunes travailleurs de la Manche. Le département finance chaque année le permis de conduire d’une cinquantaine de jeunes de 18 à 25 ans rencontrant des difficultés sociales. En contrepartie de cette subvention, ils doivent assister à des cours de soutien au code pour certains, et des ateliers de prévention pour tous. Valérie Mesnage est donc intervenue sur le thème du budget, en expliquant aux jeunes comment intégrer le budget auto dans leur budget global.

Des conseillers F&P font la classe !
Éducation financière et budgétaire : améliorer l’accès à l’information
Les grandes dates de F&P : mars 1957, la création

Pour aller plus loin : www.finances-pedagogie.fr

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